Fairy L.
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Je suis venue voir cette psy car on me l'avait conseillé. Je lui avais dit vouloir venir pour un diagnostic. Je me doutais que j'avais un TDI après être tombée sur des vidéos parlant de ce sujet, ça faisait presque un an et j'arrivais à communiquer avec différentes "parties". J'ai dû la voir 5 fois. Lorsque je suis arrivée la première fois, elle m'a regardé de haut en bas en grimaçant, probablement car j'étais en avance mais je sais qu'elle m'a jugé, qu'elle a juste vu mes cheveux bleus et qu'elle s'est dit que j'étais une jeune paumée.
Pendant le test, déjà elle m'a influencé dans certaines réponses que j'ai pu donner, je me suis calquée sur ce qu'elle voulait entendre, par peur. Et je peux citer des choses qu'elle m'a dites ;
"qu'est-ce qui te fais dire que ta mère ne t'aime pas? de mon expérience, les parents qui n'aiment pas leurs enfants ne font rien pour eux, ta mère paie les séances". Depuis que je suis enfant on m'avait mis dans le crâne que j'avais un problème, j'ai vu des psys sans savoir pourquoi pendant des années, j'ai même été forcée à aller en hôpital de jour alors que j'avais 18 ans.
"après, c'est quelque chose que tu as dû voir dans une vidéo p*rno, hein?" en faisant la moue, j'ai répondu oui car elle voulait l'entendre. Mais non. Non seulement ça venait d'une alter, mais en plus ça aurait très bien pu être une reviviscence de ce qu'on m'a fait subir. "le TDI est rare, dieu merci, tous les enfants qui se font abuser ne développent pas un TDI, tu sais ce que j'en pense". Après je comprends que peu de personnes osent en parler si elles tombent sur un(e) thérapeute qui dit ce genre de choses. De plus, si elle avait bien lu mes mails, c'était seulement un de mes nombreux traumatismes.
Une fois, j'étais incapable de parler à cause de ce qu'elle disait et sa réaction ? "..okk..". Et j'ai pleuré, dit que ça n'allait pas, elle a enchainé sur les questions d'ordre sexuel. En sortant j'ai hésité à m'asseoir dans le couloir tellement ça n'allait pas. Durant une séance, j'ai même oublié qu'il s'agissait des questions du test, je m'en suis rendu compte à la fin.
"si tu n'as jamais eu de vraie relation sérieuse avec un homme, tu peux pas forcément savoir si tu es attirée par les femmes ou les hommes." quand j'expliquais être attirée par les femmes par moment en sentant que ça ne venait pas de moi. Du coup, est-ce que je dois coucher à droite à gauche pour prouver que je souffre et mon orientation sexuelle ?
Pour répondre à la personne suivie par elle pendant 12 ans : Vous avez été bien suivie, écoutée, tant mieux. Pas besoin de démonter ce que d'autres disent, j'ai autre chose à faire que de mentir et souffrir depuis donc maintenant plus de 2 ans pour cette raison, en plus du reste. Moi je suis patiente experte crise d'angoisse. Si elle ne souhaitait pas me faire passer de tests, il fallait me le dire avant que je vienne. On a autre chose à faire que de dépenser près de 500€ pour se faire traiter comme ça et vouloir faker ce trouble. Si c'était mon but je ne serais même pas venue voir une psy. J'ai twitter et une chaîne youtube mais je ne m'en sers même pas, et quand bien même je clamerais haut et fort quelque chose, je n'ai aucune visibilité, personne ne le verrait, personne ne réagirait. Je le dis parce que c'est vrai et "par expérience".
Même si c'était avec mon accord, toutes les séances ont été filmées et après avoir réalisé tout ce qu'elle nous avait dit, ça m'a dégoûtée. Comme si j'étais une bête de foire, et que ses patient(e)s sont ses trophées plus qu'autre chose.
Si elle fait partie des personnes qui pensent que toutes les choses horribles ça n'arrive que dans les films ou très loin de chez elle, je comprends qu'elle pense que le TDI soit extrêmement rare et extraordinaire. Désolée de ne pas m'être transformée en fée. J'ajouterai que ce n'était pas juste remettre en question si j'ai ce trouble, mais remettre en question l'existence même des différentes identités présentes de base pour la survie et c'est extrêmement violent. Aujourd'hui, même diagnostiquée par un psychiatre, plus rien ne va.